Elie ZEMMOUR, en 4ème année à l'EPF, a fait son stage d'élève ingénieur au Ghana

Publié le 20/03/2019

Elie ZEMMOUR, élève en 4ème année à l’EPF dans la majeure Engineering & Management, est revenu fin décembre 2018 de son stage d’élève ingénieur au Ghana, à 7 000 km de chez lui. Il raconte son expérience internationale, de ses appréhensions avant son départ à la confirmation de son projet professionnel, et la valeur ajoutée que ce stage donnera à son diplôme d’ingénieur généraliste EPF à la fin de ses études.

Pour trouver son stage d’élève ingénieur, Elie ZEMMOUR s’est tourné vers ses proches et son cercle familial. Il a tout de même souhaité passer le circuit de recrutement "classique" et a envoyé son CV et sa lettre de motivation en anglais pour un poste dans un grand groupe agro-alimentaire au Ghana et une autre entreprise en Angleterre. "J’ai eu la chance d’avoir le choix entre deux postes, mais j’ai privilégié une expérience plus lointaine, dans un pays disons plus exotique, afin de découvrir d’autres cultures".

Affecté au département informatique du groupe Promasidor au Ghana, il a commencé son stage d’élève ingénieur au premier semestre de 4ème année fin juillet 2018 et a terminé fin décembre.

Sa première appréhension : la barrière de la langue

Avant son départ, Elie appréhendait un peu la barrière de la langue. Bien que l’anglais "classique" soit couramment parlé au Ghana, l’argot (appelé le "pitch in english") est aussi très souvent adopté dans la rue et dans les conversations. "Les différents accents ont un peu compliqué ma compréhension orale au début mon stage, mais je me suis très vite adapté, notamment grâce aux amis francophones et d’autres pays que je me suis fait là-bas. A l’étranger, on est obligé de se débrouiller et de parler la langue officielle du pays, on progresse donc assez vite".

Pour Elie, cette expérience longue à l’étranger "c’est une chance de progresser en anglais rapidement"

Sa découverte d’un pays marqué par les contrastes de niveaux de vie

Ce grand groupe européen très présent en Afrique emploie en majorité des expatriés mais aussi des locaux. Elie regrette un peu de ne pas avoir connu une "totale expérience traditionnelle à l’africaine" mais il a pu découvrir cela en dehors de son stage dans des moments de vie quotidienne et sur son temps libre lors de la découverte du pays.

"Je n’étais encore jamais allé en Afrique, je n’imaginais donc pas à quel point le Ghana était un pays développé. Dans certains quartiers d’Accra la capitale, les infrastructures, les villas, les buildings et les quartiers d’affaires m’ont même fait penser aux Etats-Unis ! Ce qui est fou car cela contraste énormément avec des quartiers très défavorisés en périphérie du centre-ville, où il y a beaucoup de misère…".

"Cette expérience dans un pays en développement m’a ouvert les yeux sur le monde d’aujourd’hui et sur les inégalités qui règnent partout dans le monde. En effet à Accra, comme dans les plus petites villes ou village, on passe de manière assez brutale de quartiers résidentiels extrêmement modernes à des « bidonvilles » (township) où les habitants n’ont parfois ni eau ni électricité, et pour qui la principale préoccupation chaque jour est de trouver de quoi subsister".

Elie ajoute qu’"observer et constater la réelle pauvreté de ce monde, m’a fait prendre conscience en quelques jours seulement de la chance que l’on a d’habiter en Europe, de pouvoir étudier et manger à notre faim tous les jours. Je pense qu’il n’y a qu’en étant confronté réellement à la situation que l’on peut en prendre totalement conscience".

Sa rencontre avec des lycéens à Accra

Dès son arrivée au Ghana, Elie avait en tête de rencontrer les lycéens de la capitale pour leur présenter sa formation. C’est sa rencontre avec un professeur de mathématiques du lycée français d’Accra lors d’un match de football qui a concrétisé ce projet. "J’ai été invité à présenter les formations d’ingénieurs de l’EPF aux lycéens. Je m’attendais à faire une présentation très formelle en classe comme cela se fait souvent en France, mais finalement cela s’est fait de manière assez décontractée dans la cour du lycée, les élèves m’ont posé beaucoup de questions. Nous avons pu échanger librement, tous assis autour d’une table. C’était vraiment un bon moment".

La plus-value de l’expérience à l’international pour son projet professionnel

Ce stage de 4ème année à l’EPF marque un tournant dans la vie des étudiants, aussi bien sur le plan personnel que sur le plan professionnel.

"Ce stage d'élève ingénieur constitue la première expérience de notre parcours d’ingénieur,
pour ma part je suis heureux que ce stage ait confirmé mon choix de vie professionnelle
"

Son stage lui a permis d’acquérir de bonnes bases dans l’informatique, et lui a confirmé son projet professionnel. Son tuteur l’a laissé prendre des initiatives et lui a confié des tâches importantes. Il a toujours été à l’écoute pour l’aider à avancer et progresser.

Par ailleurs, l’expérience à l’international a été pour lui une véritable révélation. Elie envisage sérieusement de partir vivre et travailler à l’étranger après son diplôme, "environ 2 ou 3 ans pour commencer, et en Afrique pourquoi pas !". Il avoue qu’après cette expérience à l’étranger, c’est impossible pour lui de rester en France après ses études ! "Je pense que quand on a goûté à l’international, qu’on a découvert d’autres cultures, mentalités, rythmes et styles de vie, il est compliqué de revenir à sa « vie d’avant », c’est pourquoi j’ai vraiment envie de travailler à l’étranger".

Si ce semestre obligatoire à l’étranger n’était pas demandé par l’EPF, Elie serait tout de même parti faire un stage dans un autre pays. Il confie : "beaucoup de mes amis et membres de ma famille ont réalisé des stages à l’international. Je savais que c’était très enrichissant et je n’aurai pas voulu passer à côté de cette opportunité de s’ouvrir au monde".

Son conseil pour les étudiants qui hésitent à partir à l’étranger ou dans des pays « pas très tendances » ?

"Avant le grand départ, bon nombre de préparatifs sont à réaliser, entre le visa, les billets d’avion, les vaccins et les valises à remplir, le stress peut rapidement monter… Ajoutez à cela toutes les informations que l’on peut lire sur internet et qui donnent parfois envie de faire machine arrière. Ce que je retiendrai donc en premier de cette expérience est le fait qu’il ne faut pas s’arrêter à ce que l’on peut lire ou voir sur internet, à la télévision, ou même sur des sites officiels de conseils aux voyageurs".

Pourquoi partir dans un pays en développement ? Pour Elie, "c'est là-bas qu'est le futur"

Elie n’aime pas trop ces termes qu’il juge parfois péjoratifs, mais il conseille vivement aux étudiants qui hésitent à partir dans les "pays en développement" ou un peu "exotiques", car pour lui "c’est là-bas qu’est le futur". Outre la progression de son niveau d’anglais, il ajoute qu’"en dehors de la vie professionnelle à l’étranger, la vie quotidienne est dépaysante, je me suis vraiment senti libre".

Pour ce qui est de l’intégration sur place, Elie confirme avoir été "accueilli à bras ouverts par ce pays et toutes les personnes rencontrées, et je n’ai pas pu m’empêcher de comparer les mentalités africaines et européennes à ce niveau-là". Il suggère aux étudiants de rentrer en contact rapidement avec la communauté expatriée afin de s’acclimater beaucoup plus facilement. "Les sorties, le sport, les voyages durant les jours off, sont d’excellents moyens de découvrir une nouvelle culture, la population locale et de s’intégrer".

En ce qui concerne sa vie sur place et notamment l’hébergement, Elie était logé chez des amis qui vivent depuis longtemps à Accra. Pour rassurer ceux qui ne connaissent personne dans un pays étranger, sachez que bien souvent les entreprises peuvent aider les stagiaires à trouver des solutions d’hébergement et parfois les financer. L’entreprise l’a aussi aidé pour ses déplacements en lui fournissant une voiture de fonction, et l’a équipé d’un téléphone.

"J'ai pu rencontrer le PDG du Groupe Promasidor pour lequel j'ai travaillé"

Enfin, au niveau professionnel, une expérience telle que celle-ci est une opportunité de rencontrer des personnes que l’on n’aurait pas rencontré dans un autre contexte. Elie a par exemple rencontré le PDG du groupe Promasidor pour lequel il a travaillé : "j’ai pu échanger longuement avec lui, il m’a donné de très nombreux conseils pour ma carrière professionnelle. J’ai également et de façon très privilégiée longuement discuté avec le Manager Director de Promasidor Ghana, Dirk LAEREMANS, qui m’a aiguillé et conseillé tout au long de mon séjour et qui m’a aussi donné de précieux conseils quant à certains de mes projets".

Son retour en France et les cours de la majeure Engineering & Management 100% en anglais

Après 5 mois passés au Ghana, il était temps de rentrer en France pour Elie. Sa reprise des cours en Janvier s’est bien passée. Il a constaté que grâce à ce stage à l’étranger, il est plus à l’aise en anglais et s’est perfectionné en compréhension et expression orale. Un vrai plus pour lui qui suit la majeure Enneering & Management dont les cours sont dispensés à 100% en anglais.