Paroles d'élèves et alumni : Benoît DAVID, diplômé en 2016, a suivi le Master of Science Innovation, Creativity & Entrepreneurship

Publié le 11/06/2019

Après une formation très spécialisée en IUT, Benoît DAVID a rejoint la formation d’ingénieur généraliste de l’EPF sur le campus de Troyes en 3ème année. Après une 4ème année dans la majeure mécanique sur le campus de Sceaux, Benoît est retourné à Troyes pour suivre le Master of Science ICE pour sa 5ème année. Il témoigne sur son parcours atypique, son attrait pour l’entrepreneuriat, son insertion professionnelle après son diplôme d’ingénieur et évoque ses projets professionnels aujourd’hui.

Pourquoi as-tu choisi de faire l’EPF, une école d’ingénieurs généralistes ? Quelle plus-value cela t’a apportée ?

"Ayant un profil très spécialisé depuis ma formation en IUT, j’étais à la recherche d’une école d’ingénieurs pour parfaire mes connaissances et compétences dans divers domaines. J’ai choisi l’EPF car la dimension généraliste de la formation m’intéressait, et pour l’ouverture et la diversité des enseignements que cela représentait. Le côté généraliste a un réel intérêt, d’autant plus pour les gens qui, comme moi, sont très spécialistes. Cela permet une ouverture d’esprit et une initiation à plein de choses que l’on n'aurait pas été voir par soi-même. Et pour moi, c’est une chose qu’on ne met pas assez en avant : la première qualité d’un ingénieur c’est d’être curieux."

Quelle majeure as-tu intégrée en 4ème année et pourquoi ce choix ?

"Spécialisé de base en mécanique et aéronautique [IUT], j’ai choisi d’intégrer la filière mécanique en 4ème année sur le campus de Sceaux pour poursuivre dans ce domaine qui m’intéressait."

A la fois pilote (licence de pilote privé "PPL-A", pilote planeur avec plus de 1100h de vol à son actif), mécanicien (licence de mécanicien avion léger "LNMA"), et ingénieur… Benoît est un grand passionné d’aéronautique et a su en faire son métier. Il aime mener différents projets aéronautiques et s’épanouit dans toutes les étapes : de la construction ou réhabilitation d’un avion, aux échanges avec les autorités de certification, à la modification physique de l’avion et son équipement, jusqu’aux vols d’essais, Benoît est fier aujourd’hui de vivre de sa passion. En parallèle de ses études, il a d’ailleurs entièrement refait un avion avec sa famille.

Pourquoi avoir choisi de faire le MSc ICE en 5ème année ? Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

"Être entrepreneur, en terme général, c’est une qualité
que je trouve indispensable pour avancer en tant qu’ingénieur.
"

"Peu intéressé par les sujets des projets de fin de 3ème année, j’ai soumis l’idée d’un projet personnel. Une initiative approuvée et encouragée par le corps enseignant du campus de Troyes qui m’a laissé poursuivre dans ce sens-là. C’est à ce moment-là qu’ils m’ont proposé et motivé pour intégrer le MSc Innovation, Creativity and Entrepreneurship, une formation qui correspondait tout à fait à mon profil. Cette idée a eu le temps de mûrir durant ma 4ème année, et c’est tout naturellement que j’ai rejoint le MSc ICE en 5ème année à Troyes. Je savais que j’aurai un jour un projet de création d’entreprise à proposer dans le cadre de cette formation. C’est ainsi que l’entreprise Aero 3D a été créée en 2015 avec des collaborateurs de mon réseau professionnel, avec pour objectif de relancer la production d’un avion de voltige. Une aventure entrepreneuriale qui s’est développée pendant un peu plus de 3 ans."

Où en es-tu dans ton projet professionnel ? Comment s’est passée ton insertion professionnelle après ton diplôme à l’EPF ?

"Aujourd’hui je travaille à mi-temps chez Air Projet (2 semaines par mois), une petite entreprise montée par Anthony BEZARD pour qui j’étais d’abord client, qui est ensuite devenu un ami et pour qui j’ai le plaisir de travailler aujourd’hui. Notre projet est de recréer un esprit de bureau d’études pour l’aviation légère car la France est tout de même le pays de l’aviation ! Pas uniquement grâce à Airbus qui est arrivé plus tard, mais grâce aux petits clubs qui forment des pilotes, qui ont construit des avions de qualité pendant longtemps et à moindres coûts. Une activité qui s’est un peu arrêtée il y a une vingtaine d’années. D’où l’intérêt de relancer ce processus de réflexion et de création dans l’aviation légère.

Air Projet se compose de deux entités, un bureau d’étude qui réalise de nombreuses prestations d’ingénierie : conception, modification, retro-conception pour des avions anciens. Et l’atelier, dans lequel nous mettons en œuvre ce que nous concevons (prototypage, modification physique des avions) ainsi que de la maintenance plus classique sur des avions de tourisme de propriétaires privés. Il n’y qu’une porte entre les deux et nous passons souvent du tournevis à la souris et vice versas !

Un des projets les plus entrainant est notre implication dans les Red Bull Air Race (Championnat du monde Red Bull de course aérienne) au sein de l’équipe #11Racing (se prononce eleven racing) de Mika BRAGEOT. Dans cette activité tout notre savoir-faire et nos qualités sont en œuvre. Il y a 14 avions qui participent à cette course mondiale, on est donc en concurrence avec des avions de 300 chevaux qui pèsent 500 kg à vide. Le podium se joue à quelques millièmes de secondes, les ingénieurs doivent être aussi des techniciens et des bricoleurs pour améliorer au mieux l’avion. Je fais donc partie de cette équipe en m’occupant de toutes les modifications entre les courses, du suivi technique de l’avion et des vols d'essai."

Parallèlement à cette activité, Benoît nous confie que l’activité du bureau d’étude de son entreprise Aero 3D est arrêtée depuis début 2019 par manque de temps et de coéquipiers, il consacre donc son temps libre au club familial dont il s’occupe et où il gère 3 avions (vol et entretien). Il passe actuellement sa licence de pilote professionnel.

Benoît et ses collègues d’Air Projet travaillent sur l’avion de Dorine BOURNETON, première femme handicapée au monde pilote de voltige

Autre projet aéronautique sur lequel sont engagés Benoît et ses collègues d’Air Projet : l’avion de Dorine BOURNETON, première femme handicapée au monde pilote de voltige. Elle a donné une conférence à l’EPF le 23 mai dernier pour présenter aux élèves ingénieurs ses projets de pilotage professionnel et la création de son association avec la modification d’un avion CAP 10 pour l’adapter aux personnes en situation de handicap. Un projet que Benoît a démarché et remporté.

"Dorine a fait modifier son CAP 10 en malonnier [contraction de "manche" et "palonnier", dispositif qui permet à une personne handicapée des membres inférieurs de piloter un avion]. Notre mission avec mes collègues est donc de concevoir l’ensemble des dispositifs permettant d’adapter l’avion à cette utilisation particulière, viendra ensuite une phase d’essais en vol par des pilotes d’essai qualifiés pour vérifier tous les comportements de l’avion avec le malonnier. Ceci aboutira par l’obtention du STC (Supplemental Type Certificat) qui lui permettra de voler sans aucune restriction avec ce nouveau système. Nous en sommes actuellement à l’étape du prototype. L’avion sera par ailleurs exposé en statique au 53e Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace qui aura lieu du 17 au 23 juin 2019 au Bourget."