Paroles d'élèves et alumni : Tristan MENAUGE, élève en 5ème année dans la majeure Energie et Environnement, en stage de fin d'études au Togo

Publié le 26/09/2019

Pour finir son cursus d'élève ingénieur généraliste EPF, Tristan MENAUGE a choisi de faire son stage de fin d'études au Togo au sein de l'ONG COOPDEA (Cooperation for Development and Environment Association), partenaire de l'EPF. Un stage soutenu par l'EPF via une bourse. Tristan revient sur son expérience internationale de 6 mois.

Dans quel cadre es-tu parti au Togo ?

"Je recherchais un stage avec pour ambition de le réaliser en Afrique dans le domaine humanitaire puis j'ai eu connaissance d'un partenariat entre l'EPF Ecole d'ingénieur-e-s et l’ONG COOPDEA (Cooperation for Development and Environment Association). COOPDEA développe des solutions concrètes et innovantes pour permettre le développement des communautés les plus vulnérables. Un de leurs projets est de mettre en place un réseau coopératif d’énergie renouvelable dans plusieurs pays et notamment au Togo. C’était une opportunité pour moi de réaliser mon stage de fin d'études dans l’humanitaire, en lien avec ma majeure Energie et Environnement et surtout de découvrir l’Afrique. Cette expérience a été rendue possible grâce à l’EPF qui a soutenu mon projet de fin d‘étude par le biais d’une bourse."

Quelles sont tes impressions sur le Togo ? 

"Le Togo est un pays très riche en terme de culture avec plus d’une dizaine d’ethnies réparties sur tout le territoire. Chaque ethnie possède ses propres traditions et coutumes. La diversité des paysages est aussi séduisante. On découvre et apprend sans cesse de nouvelles choses. Les Togolais n’ont pas beaucoup d’argent, mais sont très riches de cœur avec une joie de vivre contagieuse ! On ne peut pas parler du Togo, sans parler de l’hospitalité de ses habitants. Ils sont vraiment accueillants, généreux et attachants. Chaque personne est accueillie par un « Bonne arrivée » ou « Woezon » en langue Mina."

Qu'est-ce qui a été difficile à vivre pour toi ? 

"Il a été très difficile pour moi d’être confronté à mes propres préjugés et à ceux des autres. La plus grande difficulté a été d’être perçu comme un étranger alors que l’on souhaite juste une chose, c’est d’être intégré et de se sentir chez soi. On reste un blanc, un riche et il est difficile de se débarrasser de cette image qui est parfois très pesante. Il est impossible de passer inaperçu dans la rue. Cependant, la rencontre de certaines personnes qui m’ont intégré comme un membre de leur famille m’a permis de vite passez à autre chose et finalement de me sentir comme chez moi."

Quelles étaient tes missions ?

"Dans le cadre de mon Projet de Fin d’Etudes au Togo, j’ai eu à travailler sur différents projets. Mon objectif principal était de mettre en place un réseau coopératif et décentralisé d’énergie renouvelable. J’ai contribué à la réalisation des documents projets jusqu’à la recherche de financement en passant par la conception d’une solution technique. Le développement et le dimensionnement des kits solaires ont été faits conjointement avec les étudiants de l’EPF. J’ai eu l’occasion de travailler sur la réalisation d’un démonstrateur d’aquaponie pour développer l’agriculture urbaine. Le démonstrateur permet d’avoir un retour d’expérience afin de pouvoir par la suite créer une ferme au Togo. Enfin, j’ai eu a travailler sur un projet d’écochar (charbon écologique) pour valoriser les déchets agricoles et limiter la déforestation dans le pays."

Les conditions de travail au Togo sont-elles différentes de la France ?

"Les conditions de travail sont différentes de la France. Les salariés commencent généralement la journée vers 7h du matin, car le soleil se couche très tôt, quelle que soit la période de l’année. Le climat est aussi différent, il faut donc s’y habituer (forte chaleur, intempéries…). De plus, les coupures d’électricité restent fréquentes même à Lomé, il faut apprendre à vivre avec. Les rapports sociaux sont très hiérarchisés, beaucoup plus qu’en France, au bureau comme dans la vie de tous les jours. Les démarches administratives prennent du temps et la corruption est présente à certains niveaux. Il faut savoir que rien n’est impossible à réaliser au Togo, mais il faut connaître les bonnes personnes. En effet, le réseau est très important et permet de débloquer des situations compliquées très facilement." 

Pourquoi recommanderiez-vous de vivre une expérience en Afrique ?

"Vivre une expérience en Afrique, c’est l’occasion de découvrir énormément de choses. J’ai eu l’occasion de goûter de nombreuses spécialités culinaires, d’apprendre partiellement de nouveaux dialectes, d’écouter de la musique typiquement africaine accompagné des danses traditionnelles, de rencontrer des personnes très humaines et de m’imprégner d’une nouvelle conception de la vie et des rapports sociaux.

J’ai vécu au quotidien avec des personnes qui ont des habitudes, croyances et coutumes très différentes des nôtres en France. Par exemple, les Africains mangent souvent dans le même plat et avec la main, c’est quelque chose qui est difficilement concevable en France."

"Partir en Afrique est donc un excellent moyen
pour développer sa capacité d’adaptation,
d’ouverture aux autres et de se découvrir soi-même."

Qu'est-ce qui t'a profondément marqué ?

"La solidarité, l’entraide et le partage sont omniprésents en Afrique. Au sein d’un quartier ou d’un village, toutes les personnes se connaissent, se saluent et discutent entre elles. Les habitants vous donnent tout, alors qu’ils n’ont pas grand-chose. Les rapports sociaux sont très différents de ceux en France. J’ai pu découvrir une culture qui m’a profondément marqué et enrichi."