Paroles d'élèves et alumni : Augustin DETRUIT, élève en 4ème année de Formation Franco-Allemande

Publié le 18/09/2019

Motivé par l'obtention du premier diplôme conjoint franco-allemand habilité CTI et ASIIN Akkreditiert (équivalent allemand), Augustin DETRUIT a choisi d'intégrer la formation franco-allemande spécialisée en production et automatisation. Il est aujourd'hui en 4ème année sur un cursus total de 5 ans, et témoigne sur ses ambitions professionnelles, l'alternance géographique entre l'EPF Ecole d'ingénieur-e-s à Sceaux et la Hochschule München, les compétences acquises à ce jour, la pédagogie mise en place dans cette formation bi-nationale, et la rencontre avec ses homologues allemands... Portrait d'un jeune homme ambitieux.

Pourquoi avoir choisi de suivre cette formation bi-nationale après ton bac ?

"Tout d'abord, le fait d'obtenir le premier diplôme conjoint franco-allemand habilité par la CTI (Commission des Titres d'Ingénieurs) et ASIIN (équivalent allemand). Ensuite, bénéficier d'une formation initiale tout en ayant un parcours très professionnalisant et ouvert sur le monde de l'entreprise m'attirait. Enfin, l'idée d'effectuer 15 mois de stage et passer 2 ans en Allemagne dans le but d'acquérir des compétences professionnelles et scolaires a fini de me convaincre."

Le choix de cette formation d'ingénieur en production et automatisation
se fait dès l'entrée en 1ère année à l'EPF, afin de bénéficier sur 5 ans
d'une interculturalité pédagogique, professionnelle et individuelle.

Quelles compétences as-tu acquises à ce jour durant ton cursus ?

"Durant les trois premières années de mon cursus, j’ai acquis des compétences logicielles telles que le développement en langage C ou la construction et fabrication assistée par ordinateur sur le logiciel CATIA. Mais j’ai surtout acquis des compétences en gestion de projet, développé mes compétences dans le travail en autonomie, et acquis des méthodes de prises de décision. En effet, les cours à l'EPF et à la Hochschule de Munich sont très orientés pratiques, avec notamment des projets qui nous sont confiés dès la première année. S'ajoutent à cela, les compétences acquises lors de mes stages, et les compétences linguistiques développées lors de mon séjour à Munich l’année dernière."

"En troisième année, nous avons pratiquement autant de projets que de cours,
d’où l’importance de savoir gérer des projets,
et prendre des décisions fondées et rapidement."

Comment s'est passée la rencontre avec les étudiants allemands en 2ème année ?
Qu'as-tu pensé de la vie étudiante à Munich ?

L'alternance géographique de la formation bi-nationale permet aux élèves ingénieurs français de partir en 2ème et 4ème année en Allemagne.

"Lors de l'année à Munich [2ème année du cursus], nous sommes partis avec les 20 autres élèves de la formation, en stage pour commencer. Nous n'étions pas tous à Munich, mais ce stage nous a permis de nous isoler des autres français et par conséquent, de n'avoir plus que l'allemand (et un petit peu l'anglais) pour communiquer avec les autres. J'ai trouvé le fait d'avoir à sortir de sa zone de confort dès le début de l'année très intéressant.

"Rien de tel que l'immersion pour progresser !"

Les étudiants de la Hochschule de Munich ont été accueillants, surtout ceux qui sont revenus en France avec nous pour la 3ème année. Nous avons tous été bien accueillis et avons apprécié notre année en Allemagne.

Pour ce qui est de la vie associative allemande, elle est différente de la française. Il n'y a pas de BDE (Bureau Des Elèves) ou BDS (Bureau Des Sports) ni d'autres associations sur le campus. Cependant, nous avions tout de même la possibilité de rejoindre des associations dans la cité universitaire où nous logions."

Parle-nous de tes stages et de ta découverte du monde de l'entreprise

"Lors de ma première année de formation, j’ai fait mon stage d'exécution sur une chaîne d’assemblage de boîtes de vitesses automatiques, dans la région strasbourgeoise. Lors de ce stage j’ai pu découvrir ce qu’était le travail posté et la routine qui y est associée. J’ai en plus de cela pu découvrir certaines pratiques managériales, ce qui était le but principal de ce stage.

Lors de la 2ème année, j’ai fait mon stage de pratique industrielle dans le secteur des semi-conducteurs chez ASM SMT à Munich. Ce stage m’a permis de découvrir le monde de l’entreprise industrielle allemande, et aussi de découvrir ce que sont les méthodes de Lean Management / Manufacturing ainsi que les thématiques de l’industrie 4.0 (industrie inter-connectée, avec un fort travail sur la collaboration homme-machine). Ce stage m’a beaucoup apporté tant sur le plan linguistique (grâce aux 10 semaines en immersion qui m’ont fait progresser d’une façon significative en allemand), que sur le plan technique, où j’ai découvert de nouvelles méthodes de production, et de management. La découverte de ces méthodes a été très intéressant, et depuis ce stage je sais que je veux travailler dans la production, dans le but d’améliorer le quotidien des opérateurs sur les lignes, en leur laissant l’espace nécessaire à l’expression de leurs besoins et des améliorations qu’ils ont à proposer, car qui de mieux que celui qui fait pour améliorer le processus sinon lui-même ?

En 3ème année, j'ai effectué un stage technique et industriel au sein de la division Helicopters du groupe Airbus, où j'ai mobilisé mes connaissances théoriques pour les mettre en pratique. J’ai beaucoup apprécié ce que j'ai fait, je travaillais sur du Lean Manufacturing, une méthode de production que je trouve très intéressante. Ce stage m'a permis d'acquérir de nombreuses compétences techniques. J'ai également apprécié être sur le terrain, au contact de différentes personnes. En effet, travailler au sein d’une équipe pluridisciplinaire avec une approche transversale pour améliorer l’unité de production à laquelle je suis rattaché et savoir que nos résultats sont étudiés à haut niveau, est hautement motivant et intéressant.

"Travailler au sein d’une telle équipe m'a permis d’affiner mon projet professionnel,
en découvrant de nouveaux métiers tels que le management intermédiaire,
l’ordonnancement, les approvisionnements…"

Ma 4ème année d'études commence par un stage en Allemagne durant lequel nous devons rédiger un mémoire de Bachelor. Pour ce stage, j'ai intégré l'entreprise Faurecia à proximité de Karlsruhe, où je dois développer un dispositif pour mesurer les outils que Faurecia possède actuellement ce qui va me permettre de mieux comprendre pourquoi certains outils ne fonctionnent pas comme lors des simulations. Par ailleurs, ce stage me fait découvrir la recherche en entreprise et c'est intéressant de voir ce qu'il se passe avant la production d'un produit.

Il ne me restera plus que le stage de fin d'études à réaliser l'année prochaine, pour lequel j'aimerai revenir en production, dans l'industrie automobile ou aéronautique. Je ne sais pas encore exactement quel métier je souhaite découvrir ou approfondir, mais il me reste encore un an pour y réfléchir."

Que penses-tu de la pédagogie mise en place dans cette formation ?

"Je pense que la pédagogie est adaptée à ma personnalité, le fait de pouvoir avoir un suivi et des professeurs disponibles, correspond aux attentes que j’avais d’une école d’ingénieurs. Ce que j’apprécie beaucoup à l’EPF, et notamment à partir de la 3ème année, c'est que beaucoup des professeurs sont des intervenants du monde de l’entreprise, ce qui ajoute du concret à leurs cours. Par exemple, pour expliquer une règle ou une théorie, les intervenants se servent de leur vécu et nous expliquent d’une façon concrète et intéressante leur propos.

"Être en petits effectifs permet d’avoir un suivi des enseignants
d’une façon plus simple et allégée en Allemagne."

J’apprécie beaucoup la méthode d’éducation par projet, les difficultés que nous pouvons rencontrer en projet sont proches de celles que nous serons amenées à rencontrer dans notre vie professionnelle future, et en ce sens je trouve cette pédagogie formatrice. De plus, ce que cette pédagogie m'a permis d'apprendre c'est de connaître une problématique à « long terme », avec une mise en situation."

"Le fait de se mettre à la place de l’ingénieur qui doit proposer
une solution à un problème est très intéressante et formatrice."

Quel est ton projet professionnel ? 

"Mon projet professionnel est de devenir un ingénieur en production dans le domaine de l’aéronautique. A ma sortie de l’EPF, j’aimerais bien avoir un poste de chef d’unité de production. L'intérêt que je porte à ce poste est grand, car cela ressemble à celui d’un directeur de PME : il y a un budget à gérer, des équipes, des recrutements, des cadences… Ce type de poste managérial sur le terrain me plaît, car les possibilités sont grandes, les missions de travail sont très variées et me plaisent, il n’y a pas de routine. Les possibilités d’évolution sont grandes et j’aimerai par la suite devenir directeur de production d’un site industriel.

"Je souhaite allier le côté technique apporté par le diplôme d’ingénieur,
et le côté gestion de projet - management apporté par toutes les soft skills
développées lors des différents projets menés durant mes études et stages."

Le domaine de l’aéronautique m’attire particulièrement, car c’est un domaine où les challenges à relever sont grands, tant en termes d’amélioration de l’appareil productif (automatisation, meilleure efficacité…) qu’en termes de technologie (décarbonisation des produits). Le fait de travailler dans un secteur novateur où la sécurité de l’utilisateur est entre nos mains est hautement challengeant, et motivant."

Une fois diplômé, envisages-tu de travailler à l'international ?

"J’envisage de travailler à l’international, toutefois je ne sais pas à quelle période de ma carrière je le ferai. Au regard de mon projet professionnel et de ma formation, ce serait dommage de ne pas exploiter le côté franco-allemand, par exemple par le biais du Groupe Airbus ou encore sur les futurs chantiers industriels européens qui ont été lancés dernièrement (le SCAF [avion de combat franco-allemand du futur issu du contrat Dassault / Airbus], le projet de char d’assaut européen [fusion de Nexter et KMW], rachat d’Opel par le Groupe PSA…). L’international m’attire, et j’ai confirmé cet attrait lors de mon séjour à Munich l’année dernière."

 

Pour en savoir plus sur cette formation et connaître le programme de cours,
vous pouvez télécharger la plaquette Franco-Allemande dans la colonne de gauche.